Une baisse de la TVA sur les constructions neuves est nécessaire de toute urgence pour enrayer la crise du logement
Plusieurs facteurs
Selon les chiffres de Statbel, 22 472 permis ont été délivrés pour la construction de logements en Belgique au cours des six premiers mois de 2026. Le nombre de permis reste ainsi à un niveau historiquement bas. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les prix de nombreux matériaux de construction ont fortement augmenté. Les taux des crédits hypothécaires ont eux aussi fortement grimpé : une personne qui emprunte aujourd’hui 250 000 euros pour construire ou acheter une maison paierait ainsi rapidement 27 000 euros de plus qu’il y a un an.
Une lourde pression fiscale
Parallèlement, les procédures d’obtention des permis se complexifient et les exigences en matière de durabilité se renforcent, freinant encore davantage la construction de logements neufs. Pour de nombreuses familles, la construction neuve est également devenue financièrement inaccessible en raison du poids des prélèvements fiscaux et sociaux. Selon Embuild, plus de la moitié du coût d’un logement neuf revient aujourd’hui aux pouvoirs publics sous forme d’impôts et de cotisations sociales : TVA, droits d’enregistrement, impôt des sociétés, cotisations de sécurité sociale, impôt des personnes physiques, etc. Une pression qui, pour de nombreux ménages, met désormais tout projet de construction ou d’achat immobilier hors de portée.
Une mesure socialement équitable
Pourtant, selon Embuild, la Belgique doit connaître une vague de constructions neuves d’une ampleur sans précédent pour éviter une crise du logement. D’ici 2050, notre pays aura besoin de 900 000 logements supplémentaires, dont 600 000 en Flandre, 6 000 à Bruxelles et 280 000 en Wallonie. ,Cette demande s’explique par plusieurs évolutions : la croissance démographique (+800 000 habitants), l’évolution des besoins en matière de logement (davantage de personnes seules, de familles monoparentales et de seniors souhaitant vivre plus longtemps de manière autonome), mais aussi la hausse structurelle de la demande de résidences secondaires.
Niko Demeester, PDG d’Embuild précise : « Dans le cadre des négociations budgétaires fédérales, Embuild demande donc de toute urgence l’application d’un taux de TVA réduit à la construction et à l’achat d’une habitation propre et unique, ainsi qu’aux logements destinés à la location pendant au moins quinze ans, dans les deux cas sous réserve du respect d’une limite de superficie. Il s’agit d’une mesure ciblée et socialement équitable. C’est le seul levier dont dispose le gouvernement fédéral pour rendre les constructions neuves plus abordables à court terme. »