« Le bâtiment le plus laid de Gand » va devenir une tour résidentielle végétalisée
Le projet imaginé par Coussée Goris Huyghe architecten s’appuie sur la tour en béton existante, qu’il associe à une nouvelle structure de façade, des logements, des fonctions ouvertes au public et une végétalisation ambitieuse. Par rapport aux versions précédentes du projet, le volume bâti est réduit d’environ 20 %, tandis que les espaces verts et désimperméabilisés augmentent de 25 %.
La structure en béton existante est conservée
Réalisée dans les années 1970 sur les plans des architectes gantois Geo et Dirk Bontinck, la structure en béton constitue toujours l’ossature de la tour. Plutôt que de la démolir pour reconstruire, LIFE a choisi de la conserver et de lui donner une nouvelle fonction. La réutilisation intégrale de cette ossature permet ainsi d’éviter une grande partie des émissions de CO₂ qui auraient été générées par la démolition et la construction d’un nouveau bâtiment.
Selon les informations communiquées sur le projet, la tour comprend un rez-de-chaussée et dix étages, reposant sur une structure en béton. L’ossature porteuse existante sera réutilisée pour accueillir des logements. Le bureau d’études Mouton participe aux études de stabilité.
L’ancienne tour était surnommée « le bâtiment le plus laid de Gand »
De 'oude' toren werd bekend als het lelijkste gebouw van Gent
Une nouvelle façade comme seconde peau
L’intervention architecturale la plus spectaculaire concerne la nouvelle façade qui viendra envelopper la tour existante. Coussée Goris Huyghe architecten s’appuie pour cela sur le projet avec lequel le bureau, associé à plusieurs partenaires, avait remporté le concours d’architecture organisé en 2015 pour le site Portus.
Une structure légère en acier sera installée autour de l’imposante ossature en béton, formant une seconde peau autour du bâtiment. La tour adoptera ainsi une nouvelle identité architecturale, tout en laissant transparaître sa structure d’origine. Des terrasses et de la végétation prendront place dans l’espace ménagé entre les deux enveloppes.
Cette transformation s’accompagne également d’une réflexion urbanistique. La tour existante conservera son rôle de repère vertical dominant du site, tandis que les nouveaux bâtiments situés à l’arrière présenteront des volumes plus bas et plus élancés. La deuxième tour envisagée dans les plans précédents a quant à elle été abandonnée.
La nouvelle façade enveloppant la tour existante constitue l’intervention architecturale la plus marquante du projet
Moins de constructions, plus de verdure
Le projet remanié prévoit 105 appartements au total, dont une cinquantaine dans l’ancienne tour Belgacom. Les autres logements seront répartis entre trois nouveaux bâtiments de trois à six niveaux. Leur hauteur plus modeste permettra une meilleure intégration dans le bâti environnant.
Le socle des bâtiments accueillera différentes fonctions : Horeca, bureaux, espaces de coworking, bien-être et autres activités collectives ou commerciales. L’objectif est d’ouvrir davantage le site sur son environnement et de transformer cet ancien complexe de télécommunications fermé sur lui-même en un ensemble urbain aux fonctions diversifiées.
Les espaces extérieurs connaîtront eux aussi une profonde métamorphose. Entre la tour et la piscine Van Eyck, un espace vert d’environ 3 000 m² sera aménagé et ouvert au public. Le projet paysager est développé avec un collectif d’architectes paysagistes, dont Piet Oudolf est la figure centrale. Cet aménagement végétalisé permettra de relier les différentes parties publiques et semi-publiques du site.
Le projet a également été revu en sous-sol. Alors que la précédente demande de permis prévoyait trois niveaux souterrains, la nouvelle version n’en conserve qu’un seul, ce qui réduit considérablement l’ampleur des travaux en sous-sol.
Le socle accueillera notamment des activités Horeca, des bureaux, des espaces de coworking, des installations de bien-être et d’autres fonctions collectives ou commerciales
Un nouvel avenir pour la tour
La reconversion du site Portus s’inscrit dans une histoire déjà longue. La tour avait initialement été construite pour abriter les bureaux et les installations techniques de la RTT, puis de Belgacom. Après le départ de Belgacom en 2008, plusieurs pistes de réaffectation ont été étudiées. Le concours d’architecture organisé en 2015 a débouché sur le projet de Coussée Goris Huyghe et des autres concepteurs associés.
Cette reconversion vise à prolonger la durée de vie de la tour existante, tout en renforçant les liens entre le site et le tissu urbain environnant. Si la procédure de permis se déroule sans retard majeur, LIFE espère lancer les travaux en 2027. Selon le calendrier actuel, les premiers habitants pourraient s’y installer vers 2030.